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Partir ailleurs …

Quitter confort, routine, habitudes. Se frotter à d’autres décors, cultures, aventures. Ce troisième album, L’amour, l’argent, le vent, est tout entier scandé par un maître mot : le mouvement. Disque d’emportements, intrépide et vivant… comme elle. Barbara Carlotti. On connaissait déjà la chanteuse des « Lys brisés » et de « L’Idéal » (sortis sur le mythique label britannique 4AD), ses deux albums précédents à la grâce et l’élégance intemporelles, baignés par le spleen de Baudelaire ou le soleil brûlant de la Corse. Mais cette fois, c’est donc beaucoup plus loin qu’elle est allée glaner l’inspiration : au Japon, au Brésil, en Inde.

L’album est né de ces voyages, effectués en 2009 et 2010. Confrontée à l’inconnu — et forcément à elle-même —, Barbara s’y est ouverte au monde comme jamais. Les gens d’ailleurs, leurs sons, leurs paysages, leur accueil, leurs sourires, et parfois leur violence, l’ont marquée. Elle et son disque. Ecoutez… « Nuit sans lune » regorges d’effluves sonores, portées par un sitar indien. « L’amour, l’argent, le vent », la chanson titre de l’album, évoque le souvenir cuisant d’un incident qu’elle a vécu dans les favellas de Rio. « L ‘avenir », construit à la façon des chansons de geishas, résonne au son du koto japonais… Normal, pour celle qui se décrit volontiers comme « une pellicule photo hyper sensible » :

Je fonctionne par capillarité avec mon environnement. J’avais besoin de vivre de nouvelles expériences, de faire de nouvelles rencontres, de rechercher une nouvelle intensité.

L’intensité, elle en a toujours fait sa quête. Depuis son premier EP en 2006, enregistré avec la complicité de Bertrand Burgalat, elle n’a cessé de multiplier les performances hors normes, entre musique, poésie, littérature, art contemporain, cinéma ou danse. Sans retracer tout le chemin — il est trop riche ! —, des moments forts nous reviennent d’emblée en mémoire : sa très raffinée « Nébuleuse dandy », en 2009, création dans laquelle elle rendait hommage à ses esthètes préférés, d’Oscar Wilde à David Bowie.

Son beaucoup plus ludique, « Sur le sable chaud », en 2008, pour lequel elle transformait les théâtres en plages éphémères, avec sable et transats de rigueur (!). Ses foisonnantes collaborations avec d’autres chanteurs, Philippe Katerine, JP Nataf, Bertrand Belin ou Olivier Libaux. Ou ses compositions pour le 7e art, comme pour « L’Italie » d’Arnold Pasquier, court-métrage avec Damiano Biggi (l’un des danseurs de Pina Baush), dans lequel elle apparaît elle-même, dansant et chantant le titre « Marcher ensemble » — qui figure sur ce nouveau disque.

Auteur-compositrice, curieuse, drôle, passionnée, Barbara Carlotti est aussi une voix. Unique dans la chanson. Une voix aux reflets de velours sensuel, caressante et mélancolique, capable de frissonner ou de tempêter, sans cesse entre l’humour et l’émotion, la légèreté et la gravité. Du mouvement, encore ! Comme dans la tourbillonnante chanson « l’amour, l’argent, le vent » ou comme dans « Quatorze ans », souvenir échevelé et souriant d’une époque où les adolescents bougeaient sur les B52’S…

Quand elle chante, elle nous emporte. Ses humeurs, ses vibrations, sa dérision, son sens affiné du second degré, nous baladent au gré de ses sensations. Palpitantes. Et quand elle s’attaque aux éternels refrains d’amour, c’est pour en secouer le conformisme et les réinventer : du romantico-dadaïste « Mon Dieu Mon Amour » (écrit et interprété avec Philippe Katerine), à l’entêtant « Coeur à l’ouvrage » qui refuse de se résigner. Sans oublier le très savoureux « Dimanche d’automne » qui ose, avec un brin de provocation, ruminer entre colère et résignation. L’insatiable Barbara n’est jamais dupe… « Ouais, ouais, ouais », glisse-t-elle nonchalante, ironique, dans une chanson que lui a inspiré le roman de Jean-Jacques Schuhl, « Rose poussière ». À vous de deviner de qui elle parle.

Car on n’a pas fini de percer les secrets de ce disque dense, aux arrangements souvent surprenants. Barbara Carlotti l’a coréalisé, pour partie avec ses musiciens (Jean-Pierre Petit, Benjamin Esdraffo, Jérémie Regnier et Philippe Entressangle), pour l’autre avec trois nouveaux partenaires : l’arrangeur Fred Pallem (Le Sacre du tympan), le producteur électro Benoît de Villeneuve, et l’ingénieur du son Benoît Fresel… Entre pop lyrique et électro symphonique, L’amour, l’argent, le vent redéfinit les contours de la chanson. « Partir ailleurs », en musique et en mots. « Partir ailleurs », comme elle le chante dans le refrain de « Nuit sans lune »… Elle l’a fait. On la suit au bout de son monde.

Biographie

  • 2012
    • 2 avril : Sortie de l’album « L‘amour, l’argent, le vent »
  • 2011
    • Ecrit la chanson titre de « L’Italie » court métrage d’Arnold Pasquier et joue dans le film
    • « Rock & Roll Lies » – Atelier de Création Radiophonique pour France Culture (diffusion le 27 mars) et création sur scène pour « Paris en Toutes Lettres »
    • « Rendez-vous chez Nino Rota » participation aux spectacles de Mauro Gioia
    • « Nébuleuse Dandy » – Cité de la Musique – Paris les 8 et 9 février
    • Enregistrement de l’album « L’amour, l’argent, le vent »
  • 2010
    • Résidence de création à Bombay (Inde) – écriture du nouvel album
    • « La chanson dans le cinéma francais des années 30 », conférence chantée de Barbara Carlotti, Benjamin Esdraffo et Vladimir Léon dans le cadre de « Beaubourg, la dernière Major » par Serge Bozon avec Pascale Bodet – Centre Georges-Pompidou (novembre)
    • « La Funghimiracolette » d’Olivier Mellano – concerts littéraires
    • « Journal intime de Benjamin Lorca » d’Arnaud Cathrine avec Arnaud Cathrine, Florent Marchet et Antoine Dezelli
    • Conférence Chantée sur la chanson d’amour avec Vladimir Léon (réalisateur) et Benjamin Esdraffo (musicien) – Mac Val
    • Résidence d’artiste dans le cadre du dispositif « In Situ » du Conseil Général du 93
  • 2009
    • « Sur le Sable chaud » création au Café de la Danse à Paris les 4 et 5 avril avec Philippe Katerine, Bertrand Belin, Fugu, The New Government, Albin De La Simone, Franck Monnet, Florent Marchet, Arnaud Cathrine, JP Nataf
    • « Nébuleuse Dandy » Atelier de Création Radiophonique pour France Culture (diffusion le 13 mars 2009) et création sur scène
    • Résidence de création au Brésil (Sao Paulo) et à Tokyo (Japon)
    • Enregistre « Tous les mômes » avec Kent
  • 2008
    • Finaliste du prix Constantin
    • Création intitulée « Hopak » avec Bertrand Belin à la Maison de la musique de Nanterre dans le cadre du Chorus des Hauts de Seine
    • Sortie de l’album « L’idéal » (mars 2008) et tournée en France et à l’étranger
    • Ecriture de la chanson « Les Italiens » avec Mathieu Riboulet (écrivain) pour le livre-disque « Fantaisie littéraire »
    • Lecture Musicale « Nébuleuse Dandy » – Correspondances de Manosque
  • 2007
    • Tournée « Les Lys Brisés » en France et à l’étranger (Londres, Brighton, New-York, Montréal)
    • « Imbécile » projet d’Olivier Libaux avec JP Nataf, Philippe Katerine et Hélèna Noguerra
    • Enregistre « Alcools » en duo avec Mouzanar
  • 2006
    • Coup de coeur de l’Académie Charles Cros
    • « Cannes » devient le générique de fin du grand journal sur Canal + lors du festival de Cannes
    • Enregistre « Et Paul chantait yesterday » sur l’album de duos de Michel Delpech
    • Enregistre « L’aube posée » en duo avec Bertrand Belin
    • Sortie du premier album « Les Lys Brisés »
  • 2005
    • Sortie du EP « Chansons » (autoproduction) – Collaboration avec Bertrand Burgalat
  • 2003/2004
    • Premiers concerts avec Jean-Pierre Petit et M. Untel
  • 2002
    • Réalise 4 chansons avec Grégoire Hetzel pour un long métrage « Le Vert Paradis » d’Emmanuel Bourdieu
    • Danse dans MOD’S court-métrage de Serge Bozon et Axelle Ropert (chorégraphie Julie Desprairies)
  • 1998
    • Premier spectacle avec la Compagnie des Prairies (Chant/Danse)
    • Chant lyrique au conservatoire d’Issy-les-Moulineaux avec Eva Saurova